| Renault commercialisera une nouvelle version de son utilitaire à succès Master en avril. En exclusivité, le directeur du site de Batilly, Pierre Monflier, livre ses impressions sur ce dossier crucial pour la Lorraine. Quelles sont les principales innovations apportées à ce nouveau Master ? Pierre MONFLIER : «C’est tout ce qu’on a fait sur la partie dynamique et sur le poste de conduite, où tout a été étudié pour gagner en ergonomie et en confort, ce qui est un plus par rapport à la concurrence. On y trouve donc beaucoup plus de rangements, une meilleure visibilité. Quant aux autres innovations, elles sont à chercher dans la motorisation, avec un nouveau moteur de 2,3 litres beaucoup plus économe en essence : un litre de moins aux 100 kilomètres, moins de CO2 rejeté et des coûts de maintenance 40 % moindres. L’accent a également été mis sur la fiabilité.» Quels sont vos objectifs avec ce nouveau véhicule ? Conquérir de nouveaux marchés à l’export ? «Actuellement, avec Master, nous représentons 7,5 % du marché de l’utilitaire en Europe et 22 % en France. L’objectif est très clairement d’aller chercher de nouvelles parts de marché, notamment en Europe occidentale : Espagne, Grande-Bretagne, Italie, Allemagne. Vu la qualité du produit proposé, on devrait séduire de nouveaux clients.» En termes de tarifs, le nouveau Master coûtera-t-il plus cher que son prédécesseur ? «Les tarifs ne sont pas encore dévoilés. Mais ce qu’on peut dire, c’est qu’avec le contexte international et la concurrence sur ce segment, on devrait se retrouver à peu près dans la même gamme de prix.» Pourquoi ne pas avoir changé sa dénomination ? «Vu le succès de Master, dont on a vendu plus d’un million d’exemplaires en douze ans, il n’y a pas vraiment d’intérêt à le faire. Il y a même des gens qui vont chez Mercedes et qui demandent un Master ! Master a une image de haute qualité auprès du public. Il n’y avait vraiment aucune raison de changer.» Quel est l’état d’esprit des 2 400 salariés du site en cette période charnière ? «La première victoire, c’est quand les gens de l’usine ont appris que le site était choisi pour la production de ce nouveau Master. C’était une vraie fierté et la reconnaissance du savoir-faire de l’entreprise et de tout son personnel. Désormais, nous sommes entrés dans une phase active du projet. C’est beaucoup plus concret pour tous les salariés et c’est un gage de pérennité du site pour quelques années encore. Il faut que l’usine continue d’être performante.» Et vous, quels espoirs fondez-vous sur ces prochains mois ? «On sent un léger frémissement depuis un mois ou deux, notre carnet de commandes est bien rempli. Nous allons donc passer d’une production de 270 à 360 véhicules jour, à partir de la mi-février. Après, personne ne peut dire comment sera la demande. Mais la crise va passer et vu la qualité de notre produit, je me dis que le succès sera au rendez-vous.» | Pierre Monflier, directeur du site de Batilly, près de la nouvelle version du Master. |
Le Master en chiffres 350. C’est le nombre de versions différentes qui seront disponibles à la vente : Renault a joué la carte de la modularité et de la diversité. 350, c’est le nombre de versions différentes qui seront disponibles à la vente. 151 millions d’euros, c'est l'investissement de Renault sur le site de Batilly dans le cadre du lancement du nouveau Master. 2 350. C’est le nombre de salariés actuellement sur le site de Batilly. 43 000. C'est le nombre d'heures de formation qui ont dû être dispensées pour les opérateurs pour concrétiser ce projet. 150 000. C’est la capacité de production maximale du nouveau Master sur le site de Batilly. |